Ce matin, c’est la tempête qui nous a réveillé vers 6h !! Le vent souffle encore plus fort que hier et fait taper la pluie contre les carreaux. On somnole jusqu’à 8h-8h30 mais à un moment, il faut bien aller pisser… On se demande si on va pouvoir partir du refuge un jour. On discute avec les allemands et on tombe à peu près d’accord sur le faut que pour l’instant c’est pire que hier !! On prend des barres de céréales pour le petit déj et on touche nos vêtements pour voir s’ils ont séché mais non, ils n’ont absolument pas perdu une goutte d’eau, je peux même essorer encore une manche de ma polaire… On décide de partir quelque soit le temps après le repas du midi !! Finalement vers 10h, le vent tombe d’un coup et la pluie s’arrête, en quelques minutes, le brouillard se dissipe. Enfin façon de parler, disons qu’au lieu d’avoir 15m de visibilité, on en a 50. 
On se lève d’un bond et c’est parti, c’est L ‘éclaircie à ne pas louper !! On remballe tout et on remet nos habits trempés… hmmmm quel délice !! On part rapidement, on veut passer le col le plus vite possible et descendre de ce temps pourri. Heureusement que la visibilité est meilleure, on peut voir les plots jaunes fluos plantés à intervalle régulier (hier on ne les voyait pas). Plus on marche et plus on se dit qu’on est parti au bon moment, derrière nous le temps se gâte et la brume revient. Au bout d’un moment, on commence à descendre et le brouillard disparaît, on se prend des rafales de vent pas possibles, qui ont même réussi à me faire tomber. On essaye de descendre en courant dans la neige, parfois il reste un peu de glace mais on arrive sur un sol en terre assez rapidement. Ouf !! On a fait le plus dur… 
On s’arrête, on prend du thé et on fait des photos, puis on entame la descente dans un canyon. La première descente se fait sur le cul, il y a une grosse pente de neige, on essaye sur les pieds mais à un moment, la pente est trop grande et emportés par le poids du sac, on se casse successivement la gueule et la pente nous entraîne dans une espèce descente « en luge » sans luge… 
Après quelques détours sur les côtés, on trouve enfin le sentier qui court à flanc de montagne, on se retrouve rapidement sur une pente d’une vingtaine de mètres au bout de laquelle se trouve de belles falaises. On marche sur le bord d’un magnifique canyon tout vert. 
On s’arrête assez fréquemment pour prendre photos et un peu d’eau. En tout cas, marcher avec 16 ou 21kg sur le dos, la vache c’est pas facile tout le temps !! On a de la chance car il fait presque beau, même si une légère pluie finit par arriver. Arriver en vue de la vallée de Thorsmork, on emprunte un sentier avec des petites falaises à droite et là sur la petit crête, le temps se dégrade et le vent se lève. C’est simple, j’ai jamais vu des rafales de vent pareil !! C’est vrai que le sac augmente considérablement la prise au vent mais là c’est du délire !! Quand une rafale passe, on est obligé, Lionel et moi, de s’arrêter de marcher et de se recroqueviller jusqu’à ce qu’elle soit passée… Vu qu’il y a des petites falaises, on va pas faire les malins !! 
Dès qu’on est passé sur le côté de la crête, on est protégé du vent et on entame une descente tranquille jusqu’au refuge de Basar. Il y a tout le long du chemin des formations rocheuses et de sables noirs très bizarres. Pile poil en arrivant devant le refuge, il s’est mis à pleuvoir, on a payé pour le camping et on est allé poser notre tente. On s’est fait un couscous lyophilisé et pendant que ça cuisait, la gardienne du refuge nous a proposé de dormir dans le refuge pour une nuit sans payer. Vu qu’il n’y avait personne et qu’on devait sûrement avoir l’air exténué !! On a donc pu étendre nos habits mouillés partout dans le refuge chauffé, une merveille !! On a pris une douche chaude, la première depuis presque 4 jours, le bonheur total. Puis on a demandé à la gardienne si il y avait un endroit où on pouvait acheter à manger, mais malheureusement, il n’y a rien vers là-bas !! Sauf qu’on a appris plus tard qu’on pouvait acheter des conneries au refuge d’Husadalur. On avait trop faim et manger des lyophilisés ça suffit pas, il n’y a pas assez. Une heure plus tard, un guide islandais a amené 4 tourites américains au refuge pour leur montrer la vallée mais également pour leur faire le repas du soir… Le supplice !! Imaginez que ça fait 8jours que vous mangez des lyophilisés et de temps en temps une barre de céréale, qu’après chaque repas, vous avez faim au bout de deux heures, et que vous voyez des gars manger du canard braisé, des pommes de terre cuites dans la braise avec une salade de tomates !!!! Les odeurs nous rendaient fous, Lionel n’arrêtait pas de me dire : « Mais arrête de regarder leurs assiettes comme ça !! » Et un nouveau miracle, ils en avaient tellement qu’ils nous ont proposé de finir… Mais qu’est-ce que c’était bon !! On les a remercié mille fois. On avait l’air tellement heureux et morts de faim, que le guide islandais nous a filé une bonne partie de ce qu’il lui restait dans son 4x4 avant de partir. Après 8j de faim, on a eu droit à des yaourts, des fruits, des sandwiches et des gâteaux !!!! Il a vraiment été très gentil. On s’est endormi vers 21h30-22h comme des bébés au chaud et le ventre rempli !! |